La confiance en soi se travaille, elle n’est pas innée

21 février 2019

Pour tenir ses bonnes résolutions de l’an nouveau, il faudra un brin de persévérance et un wagon de confiance en soi. Or, beaucoup d’entre nous manquons de cette dernière. Presque tous en fait… au moins pour certains aspects de notre vie. On peut avoir confiance en soi pour éduquer ses enfants mais pas pour confronter un recruteur lors d’un entretien; on peut être à l’aise avec sa capacité à mener des activités sportives mais pas pour trouver une âme soeur. La confiance en soi est à géométrie variable dans le temps et dans l’espace.

Alors qu’est-ce la confiance en soi?

Elle est liée à un aspect de votre vie que vous aimeriez développer, mais sur lequel, pour un certain nombre de raisons, vous buttez, vous évitez, vous restez bloqué, sans audace…
Pour bien la comprendre, on peut faire la distinction entre le manque de confiance en soi et le manque d’estime de soi. Si le premier est lié à une croyance qu’on développe par rapport à ses capacités, à ses compétences, le deuxième est plutôt propre à l’image qu’on a de soi-même. Lorsqu’elles conjuguent leurs efforts elles permettent de s’affirmer dans le monde extérieur, de prendre sa place. Il est important donc de savoir comment amorcer des boucles vertueuses pour la regonfler quand c’est nécessaire.

Qu’est-ce qui la mine encore aujourd’hui?

Selon Charles Pépin, la confiance ne se découvre pas, elle ne se conquiert pas, elle se retrouve. On l’a tous à la sortie de berceau. Et petit à petit elle s’érode pour de multiples raisons. Peut-être ce sentiment s’est-il d’abord développé dans la famille avec des parents ou des frères et soeurs trop critiques? Peut-être est-ce lié à un environnement éducatif trop strict. Peut-être était-ce dû à une tendance à vous comparer souvent à un frère, une soeur, un ami…

Dans un cas comme dans l’autre, on a dû supporter des frustrations qui ont amplifié le sentiment d’être inférieur, de ne pas être à la hauteur. Une première recommandation est donc d’éviter la compagnie de gens souvent dans la critique, jugeant, négatifs. Ils ne seront pas de bons leviers pour booster la confiance en soi. Une autre raison assez fréquente de cette déconnexion avec sa confiance en soi est la peur d’être jugé: or comme le disait déjà Aristote, seul celui qui ne dit rien, qui ne fait rien et donc qui n’est rien ne sera jamais critiqué. Il est donc difficile si on décide de vivre effacé de gagner de la confiance en soi.

Pour amorcer ce cycle positif, Il est essentiel de se fixer de petits objectifs, de se féliciter quand on réussit à les atteindre, de parler de soi positivement et de cesser de se préoccuper du regard des autres. Une troisième cause assez difficile à surmonter pour certain est une forme de perfectionnisme. On a parfois l’habitude de se réfugier avec une fierté non dissimulée derrière une recherche de perfection. Si le travail bien fait est une valeur importante, la perfection n’est pas de ce monde. Ce n’est donc qu’en étant plus terre à terre, moins pointilleux et exigeant vis-à-vis de soi-même, qu’on peut avoir une perception plus motivante de ses capacités.

Objectif: reconnection

Alors qu’est-ce que vous pouvez concrètement mettre en place pour vous reconnecter avec la confiance en vous? Recenser ses qualités est parfois un exercice qui peut générer un malaise. Tout le monde a des qualités et il est recommandé de les cultiver pour une vie épanouie. C’est en identifiant ses qualités qu’on peut s’appuyer dessus pour mener à bien ses projets ou développer ses relations avec les autres, prendre sa place. Vous pouvez le faire à partir de vos propres réussites ou à partir du feedback de vos proches.

La différence entre une personne que vous trouvez extraordinaire et vous, c’est que cette personne a sûrement réussi à identifier et accepter ses défauts pour les transformer. C’est une étape essentielle pour devenir qui on est vraiment. Nos défauts font partie de notre unicité et une confiance en soi pérenne les aura acceptés. Les échecs comme des étapes vers le succès La peur de l’échec est en lien direct avec la confiance en soi. Cette peur est paralysante et enfreint les tentatives d’actions. Or rien ne résiste à l’action.

Pour tonifier votre confiance en vous, restez dans l’action, tentez des choses, entreprenez… Et octroyez-vous le droit à l’erreur. L’échec n’existe pas, il n’est qu’une perception. Les émotions comme indicateurs du chemin parcouru Les émotions désagréables comme la peur, la colère et parfois la tristesse génèrent un état interne qui fait fuir, fige ou déclenche de l’agressivité. Ces comportements déboucheront tôt ou tard sur des pensées négatives qui mineront encore une fois votre confiance en vous. Soyez conscient que vous générez vous-même vos émotions qu’elles vous appartiennent et que vous avez la capacité de les réguler dans un sens qui permettra de faire grandir votre confiance en vous.

Évidemment, il peut se passer plusieurs mois avant que ce sentiment de manque de confiance en vous ne s’estompe Soyez patient! Ce n’est que par un effort soutenu pour améliorer le regard sur vous-même sur vos réussites et sur vos erreurs que vous allez progressivement reconnecter avec ce moteur de la vie qu’est la confiance en soi. Un coach peut vous aider à accélérer et pérenniser la dynamique.

Philippe Vaneberg
Carole Warlop